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Interview de Maximilien Moriceau (ISTEC 2013, Programme Grande Ecole), expatrié en Australie, CEO de Lead Mate

Maximilien bonjour, quel est ton parcours ? Pourquoi es-tu parti en Australie ?

Parce que mes premiers choix de destinations plus exotiques n’étaient pas réalistes !
En 2014, j’ai débuté comme Business Development Manager Europe chez RunMyProcess à Paris, une startup française innovante dans l’édition de logiciel cloud B2B qui venait d’être rachetée par un grand groupe informatique japonais, Fujitsu. Mon objectif affiché : évoluer vers un poste de Country Manager à l’étranger à moyen terme.
Durant ces trois premières années dès que je signais un deal important, je rappelais à mes boss mon projet et j’évoquais des destinations exotiques comme l’Indonésie, la Thaïlande, le Vietnam, la Chine… Au-delà du poste en lui-même, je voulais avant tout voyager et découvrir une culture vraiment dépaysante.
Le CEO finit par me donner son GO ! Mais, à condition que la rentabilité soit au RDV, ce qui selon lui, n’était possible que dans des pays plus mûrs économiquement. Il me propose alors de construire le business plan. Habile. Car après étude de marché approfondie, je me résous à admettre que mes destinations de prédilection n’avaient aucun sens dans notre domaine ! Dans le même temps la demande explose via le groupe Fujitsu en Océanie et ça matche les cases du budget dans Excel.
Je m’imagine déjà surfer par 30 degrés à la pause déjeuner, tout le monde se tape dans la main, et me voilà dans l’avion avec mon amie, direction l’Australie.

Quel est ton métier ?

Au début tout est allé très vite. On débarque en automne à Melbourne par 12 degrés sous des averses, j’apprends qu’on ne peut pas surfer dans la baie car il n’y a pas de vagues, je chope une angine la veille de mon premier jour : expectation versus reality !
Deux semaines après mon arrivée le manager Australia & New Zealand qui devait être mon mentor démissionne, je deviens donc The Boss !
La suite est une expérience en autonomie au sein du groupe Fujitsu où je passe un an à comprendre comment être performant, un an à développer notre activité tout en m’exaspérant des process ultra-rigides et inadaptés à notre activité, puis un an à naviguer à travers les méandres politiques qui régissent un grand groupe avant de finalement démissionner début 2020.
J’ai surtout profité de ma situation pour découvrir l’incroyable richesse et la beauté naturelle de l’Australie. J’ai aussi été très surpris d’adhérer complètement à la culture australienne où des talents de pêcheur, de « four wheel driver », de campeur et de surfer comptaient plus que les belles lignes de mon CV.
Fin 2019, j’ai lancé une agence de Lead Generation B2B avec mon frère et deux amis : Lead Mate (leadmate.io). J’ai lancé notre offre sur le marché Australien en premier pour la tester (d’où le choix du nom). Depuis on croit à fond dans notre service ! On a recruté trois personnes de plus et on marche super bien en Nouvelle Zélande, en Suisse et en France avec déjà 30 clients et plein d’idées de nouvelles offres dont une que j’espère partager aux jeunes diplômés en recherche d’emploi d’ici quelques semaines.

Comment se passe la vie, le business en Australie ?

Ici, dans les bonnes conditions on peut prétendre à une qualité de vie exceptionnelle.
Déjà j’ai pu découvrir que les choses qui devaient le plus me manquer, ne me manquent pas : le vin est excellent, les restaurants sont innovants, originaux et sophistiqués et on y trouve même du pain, du fromage et du saucisson excellents, produits par des français : ouf !
Ce qui fait l’énorme différence avec ma vie à Paris ce sont le niveau de vie et la qualité du monde du travail.
A responsabilités similaires les revenus sont plus élevés, à Melbourne les loyers sont plus bas qu’à Paris, les surfaces bien plus grandes, les produits de tous les jours sont sensiblement équivalents. On y gagne donc énormément. Puis la qualité de l’environnement est bluffante : la ville offre très peu de densité, des transports publics pas surchargés, des espaces verts et équipements sportifs récents partout, aucune insécurité, aucune incivilité, tous les espaces publiques sont propres et entretenus et les australiens sont très joviaux, optimistes et courtois. Avoir une côte avec des kilomètres de plages à 10 minutes à pied de chez soi est un plaisir que je ne connaissais pas et est très appréciable lors d’un confinement.
Mais ce qui m’a le plus frappé, c’est que le monde du travail y est bien moins fatigant, irritant et agressif.
Melbourne est le second pôle économique du pays très proche derrière Sydney. Pourtant le stress existe peu. Les clients ne sont pas agressifs, les acheteurs sont cool, personne ne perd son calme.
Si le travail n’est pas bien fait ni à l’heure, est-ce si grave ? Est-ce une raison de stresser ? C’est l’état d’esprit « laid-back ». Quand tu pars à 15h30 pour aller à la plage, on ne te fait pas la remarque « Et alors ? T’as posé ton aprèm ? » ! C’est tout l’inverse ! Les Australiens peuvent paraitre fainéants, mais ils se concentrent beaucoup plus que les français sur ce qui est essentiel et éliminent les tâches qui ne produisent pas de valeur. De ce fait, le zèle n’est pas toujours bien vu. Ni le présentéisme. Si tu ne fais pas ton boulot dans le temps imparti, c’est soit que tu sous-performes, soit qu’on doit te donner un coup de main parce que tu as « too much on your plate » et ne pas être complice de te laisser partir à 21h. Les managers au contraire, s’inquiètent de la « mental health » des employés, ne s’opposent quasiment jamais au travail à domicile ou aux demandes d’horaires flexibles. Voire considèrent cela comme normal, nécessaire même. Cela devient un acquis social en quelque sorte !
On a tous des enfants à aller chercher à l’école, donc pourquoi pas partir à 15h si on est arrivé à 7h ? Jean-Michel lui n’en a pas, mais il va à la salle de sport 3 heures chaque midi et esquive les réunions, quant à moi je pars à midi le vendredi et je n’ai pas toujours envie d’avoir une excuse ! Pourquoi chercher à ignorer tout cela ?
Bref, un modèle de flexibilité, mais si le travail est fait, of course.
Enfin, j’ai pu comparer l’expérience de lancer sa startup et vendre aux premiers clients en Australie et en France. Quelle différence d’accueil ! Quand les français négocient déjà le contrat dès le premier coup de fil et se montrent plutôt suspicieux, agressifs voire condescendants les australiens sont très curieux, confiants, directs, signent vite et jugent aux résultats qu’on leur rapporte !
Certains de mes constats sont assez tristes… Cela me fait me remettre en question aussi car je suis toujours très « français ».

Comment se vit la crise Covid à Melbourne ?

Déjà on ne se demande pas s’il faut dire LA Covid ou LE Covid !
Nous avons été extrêmement « chanceux » car nous sommes désormais partis faire le tour de l’Australie en 4×4.
Melbourne a vécu l’un des « lockdowns » les plus sévères et long du monde. La ville a seulement été libérée la semaine dernière après les 112 jours du confinement de la seconde vague ! Pour la première fois depuis longtemps la foule est descendue dans la rue. La tension était élevée. Ce fut très dur pour nos amis restés sur place.
Ce qui était très surprenant c’est qu’on a découvert seulement à ce moment les conséquences du fait que l’Australie soit une fédération d’états. Chaque état peut gérer son territoire sans l’accord du premier ministre ni du gouvernement fédéral. Ce qui donne des cas de fermeture de frontières pures et simples entre états ! Et d’énormes différences de traitement d’un état à l’autre. Impensable en France. Toutefois, aujourd’hui la situation est meilleure en Australie que n’importe où dans le monde avec seulement une dizaine de cas par jour en moyenne.
Pour notre part, nous avons pris la « fuite » de Melbourne de justesse à la fin du premier confinement pour rejoindre l’extrême nord et la partie tropicale de l’Australie où il n’y a aucun cas de COVID-19. Nous n’avons donc pas connu le second confinement, ni les masques et les règles de cas contact depuis le mois de juin et pouvons circuler librement là où nous sommes.

Y a-t-il un réseau d’isteciens en Australie qui se rencontre et prêt à accueillir les prochains isteciens qui arrivent ?

Bien sûr ! Le réseau istécien est bien présent et actif !
Nous avons été parfaitement accueillis par la « diaspora » ! Tout d’abord par le discret et talentueux Simon Mathonnet à Melbourne (ISTEC Promotion 2015, désormais à Vancouver, Canada), suivi par la plus australienne d’entre nous, la surfeuse Albane Jacquemin (ISTEC Promotion 2014, désormais en France), nous avons récemment fêté la « citizenship » et les fiançailles de Charlotte El Baz (ISTEC Promotion 2013), le début de la carrière d’acteur amateur du prodige Hugo Schlanger (ISTEC Promotion 2013) et assistés aux fêtes de Lucile Piovan (ISTEC Promotion 2014) qui se fait un nom dans l’événementiel à Sydney. J’ai pu recroiser Kim Boubli (ISTEC Promotion 2012) qui est super sympa. Sans parler de tous ceux que nous n’avons pas pu croiser !
Enfin, pendant presque quatre ans avec ma partenaire, Kim Ramaherison (ISTEC Promotion 2014), nous avons été les hôtes de nombreux isteciens de passage à qui je dis ici bonjour et souhaite le « meilleur » confinement : Maud, Maxime, Clémence et Tiana.
On était loin de penser que nos camarades de promos prendraient, ou reprendraient pour certains, une part aussi importante de nos vies ! Se retrouver comme si on ne s’était jamais quittés pour vivre un bout de chemin ensemble, c’est définitivement l’une des forces de l’ISTEC !
A l’autre bout du monde les valeurs de l’apéro et de l’hospitalité istécienne se portent bien !

Un grand Merci Maximilien pour cet interview, bonne continuation à tous les isteciens en Australie !

Maximilien recrute des partenaires en business développement chez Lead Mate. Si vous êtes jeune diplômé ou étudiant en 5ème année Grande Ecole, n’hésitez pas à le contacter ! maximilien.moriceau@gmail.com

Si vous êtes diplômé ISTEC et que vous souhaitez témoigner de votre expérience professionnelle, contactez l’Association des diplômés : c.wisdorff@istec.fr

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